Enquête publique SAAQclic : La ministre Guilbault se dit « soulagée »
La ministre se félicite d’un échec désormais bien documenté.
QUÉBEC — L’enquête publique sur le fiasco de SAAQclic s’est conclue la semaine dernière, et le gouvernement Legault s’en dit « rassuré ». Selon la ministre des Transports Geneviève Guilbault, « les constats sont clairs : tout ce qui devait mal aller est effectivement allé mal ».
« Nous pouvons maintenant tirer des leçons, » a-t-elle expliqué, « principalement celle de ne jamais recommencer. »
Le rapport, mené par le commissaire Denis Gallant, dresse un portrait sans complaisance d’un projet « prévisible dans son imprévisibilité ». Il conclut à « une série d’erreurs cohérentes dans leur absurdité ».
Le commissaire note une coordination « inspirée du chaos », une communication « intermittente » et une préparation « confiante à défaut d’être compétente ». La ministre, elle, préfère y voir « une preuve que le Québec ose le risque technologique, surtout quand il n’y a pas de plan B ».
Selon des sources internes, la SAAQ serait « en mode solution », une expression qui, selon plusieurs experts, n’a aucun sens concret mais donne l’impression d’avancer.
Le gouvernement affirme toutefois que de moins en moins d’usagers rencontrent des problèmes de connexion. Des experts sur le terrain confirment que c’est parce qu’ils ont désormais abandonné tout projet de tentative de connexion. Un fonctionnaire anonyme a pour sa part assuré que « tout est sous contrôle », avant d’être immédiatement déconnecté.
D’après les données de la commission, les citoyens ont passé en moyenne 47 minutes à tenter d’accéder à leur compte, un résultat salué par Québec comme « une marque de résilience ». Des témoins rapportent que certains utilisateurs auraient réussi à accéder à leur dossier après trois semaines de méditation et quatre recharges de page, un record que la SAAQ a qualifié de « victoire du citoyen québécois ».
« C’est un échec collectif, mais surtout participatif, » analyse Jean-François Brault, chercheur affilié au Centre de gouvernance approximative du Québec. « Les citoyens ont fait leur part : ils ont essayé, encore et encore, de se connecter. »
Le rapport recommande au gouvernement de mieux planifier ses projets numériques futurs. Québec a aussitôt annoncé la création d’un nouveau comité chargé d’étudier la planification des comités.
Simon Jolin-Barrette s’est également dit « soulagé », bien qu’il n’ait aucun lien avec le dossier. « Je trouvais que ça allait de soi, » a-t-il déclaré.
Interrogée sur le calendrier de mise en œuvre, la ministre Guilbault a répondu : « Ce n’est pas une question de dates, c’est une question de philosophie. » Plusieurs fonctionnaires se disent confiants que « la transition numérique de l’État québécois devrait être pleinement fonctionnelle d’ici 2074, sous réserve de mises à jour ».
« Ce qu’on vit, c’est une transformation culturelle, » explique un consultant en gouvernance numérique. « Les Québécois doivent apprendre à attendre numériquement. »
Dans les bureaux de la SAAQ, une pancarte aurait été installée pour inspirer les employés : « Si vous pensez que le site est lent, c’est que vous ne savez pas encore attendre. »
Malgré les ratés, le gouvernement se félicite d’avoir « fait sa part pour l’avenir ». « Chaque bug est une occasion de croître », a conclu Guilbault.
Et au fond, SAAQclic n’était peut-être pas un échec, mais une œuvre : celle d’un peuple qui, face à la modernité, clique avec foi, se déconnecte avec grâce, et espère toujours que la page finira par charger.

