Daniel Brière choisit la violence administrative

PHILADELPHIE — Daniel Brière a officiellement déposé une offre hostile de cinq ans d’une valeur totale de 90 millions de dollars à l’attaquant Leo Carlsson vendredi, dans un geste résolument peu timide qui rappelle à l’ensemble de la Ligue nationale que la convention collective n’interdit nullement de rendre la vie très compliquée à un collègue. Si les Ducks refusent d’égaler l’offre, les Flyers céderont leurs quatre prochains choix de première ronde.

L’offre prévoit une valeur annuelle moyenne de 18 millions de dollars, un sommet dans la LNH, ainsi qu’une structure largement composée de primes à la signature. Concrètement, Carlsson toucherait environ 39 millions de dollars au cours des 357 prochains jours, une somme que plusieurs experts qualifient de « substantielle », même selon les standards du hockey professionnel.

La décision place maintenant Anaheim devant un choix relativement simple à décrire, mais sensiblement moins agréable à prendre : égaler un contrat gigantesque ou laisser partir un joueur de 21 ans considéré comme l’un des meilleurs jeunes centres de la ligue en échange de quatre choix de première ronde.

« Ce n’est pas tous les jours qu’un collègue vous envoie un courriel de ce genre », a expliqué un directeur général ayant requis l’anonymat afin de continuer à recevoir les appels de ses homologues.

Bien que Québécois, Daniel Brière semble désormais parfaitement intégré à la culture sportive philadelphienne, qui valorise depuis longtemps les initiatives susceptibles de compliquer l’existence d’autrui.

Les offres hostiles demeurent suffisamment rares que plusieurs amateurs de hockey ont d’abord cru à un faux compte X avant de vérifier trois fois la provenance du communiqué. D’autres ont immédiatement ouvert la convention collective pour la première fois de leur vie, découvrant avec surprise qu’elle contient beaucoup plus de pages qu’ils ne l’imaginaient.

À Philadelphie, la réaction des partisans fut nettement plus simple.

« Qu’on obtienne Carlsson ou qu’on oblige Anaheim à signer ce contrat, j’ai l’impression que quelqu’un passe une mauvaise semaine, et ce n’est pas moi », a résumé un partisan des Flyers avec un calme que plusieurs psychologues jugent inhabituel.

À Anaheim, les calculatrices auraient connu une hausse marquée de leur utilisation au cours de l’après-midi. Selon plusieurs témoins, certains écrans afficheraient toujours le chiffre 18 000 000.

Les spécialistes du plafond salarial rappellent toutefois que l’objectif d’une offre hostile ne consiste pas uniquement à acquérir un joueur.

« Il est également possible de transformer une décision financière relativement confortable en crise existentielle », explique un économiste sportif.

Pendant ce temps, des milliers d’amateurs de hockey débattent désormais avec une assurance remarquable des mécanismes entourant les offres hostiles, un sujet qu’ils ignoraient presque entièrement jeudi matin.

Selon les experts, cet intérêt devrait disparaître aussi rapidement qu’il est apparu dès qu’un nouveau sujet fera son apparition sur les réseaux sociaux.

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