Un citoyen juif poursuit Dieu pour discrimination religieuse annoncée dans l’Apocalypse
OTTAWA — Un citoyen montréalais a intenté ce matin une poursuite en Cour fédérale contre Dieu, affirmant que plusieurs passages du livre de l’Apocalypse constituent « un projet clair de discrimination religieuse » en violation de la Charte. Selon la requête, les descriptions de l’Enlèvement, de la Tribulation et des jugements divins prévus pour les non-croyants représenteraient « une atteinte anticipée aux droits fondamentaux des Canadiens non pratiquants ou pratiquants d’autres confessions », en particulier à l’article 15, qui garantit l’égalité sans discrimination fondée sur la religion.
Le demandeur, qui se décrit comme « juif pratiquant, mais réaliste », demande au tribunal d’entendre la cause en urgence, invoquant le fait que « personne ne sait quand exactement le Fils de l’Homme prévoit revenir ». Il sollicite également une injonction préventive visant à interdire à Dieu de mettre en œuvre « toute mesure eschatologique sélective » sur le territoire canadien tant qu’un jugement final n’aura pas été rendu.
La Cour fédérale n’a pour l’instant pas rejeté le recours, même si plusieurs fonctionnaires admettent, en privé, ne disposer d’aucune procédure permettant de signifier officiellement une requête à une entité omnipotente. Un greffier affirme que le dossier a été classé « dans la catégorie des causes particulières », une expression généralement réservée aux affaires qui ne cadrent dans aucune logique procédurale connue.
Le procureur général du Canada, mis au courant de la poursuite, indique qu’il « analysera la question de la compétence » et évaluera si les tribunaux canadiens peuvent se prononcer sur un événement de nature cosmologique. Interrogé sur les chances réelles de faire respecter une éventuelle décision contre Dieu, un professeur de droit constitutionnel d’Ottawa note que « le défi ne réside pas dans l’argumentation juridique, mais dans l’exécution », ce qui semble être un euphémisme prudent.
Aucune réaction n’a été reçue du côté divin au moment de publier. Un théologien consulté précise toutefois que « l’absence de commentaire est cohérente avec les comportements antérieurs de la divinité en matière de litiges ». La Cour devrait décider dans les prochaines semaines si elle accepte d’entendre la cause en urgence, bien que plusieurs observateurs doutent de la capacité du système judiciaire canadien à imposer un calendrier contraignant à un être éternel.

