Le Québec renouvelle son indifférence municipale

Publié dimanche à 23 h 29, mis à jour lundi à 00 h 42

QUÉBEC — Le Québec s’est rendu aux urnes dimanche, ou du moins une partie du Québec. Dans la plupart des villes, les électeurs ont choisi la continuité, confirmant que la stabilité demeure la principale valeur politique au niveau municipal, suivie de près par l’indifférence.

À Laval, Stéphane Boyer a été reconduit pour un second mandat, après une campagne marquée par des débats polis et des promesses modérément ambitieuses. À Québec, Bruno Marchand a conservé la mairie malgré des critiques sur la mobilité, un concept devenu, selon lui, « plus philosophique que pratique ».

À Montréal, l’élection a offert un vent de nouveauté : un nouveau maire, résultat d’une course serrée où le taux de participation a atteint presque 35 %, un chiffre qualifié d’« encourageant » par ceux qui ont intérêt à y croire.

Dans plusieurs petites villes, la démocratie a pris une forme minimaliste : plusieurs maires ont été élus sans opposition. « C’est un signe de confiance », a expliqué un préfet, visiblement soulagé de ne pas avoir eu à faire imprimer des pancartes.

Le ministère des Affaires municipales s’est félicité du bon déroulement du scrutin. « Tout s’est bien passé, ce qui, en soi, est une victoire », a déclaré un porte-parole, sans préciser pour qui.

Les experts notent une tendance générale : les électeurs semblent apprécier les élus qui ne changent pas grand-chose. « Le statu quo, c’est rassurant », a analysé un politologue en fin de soirée, avant d’admettre qu’il n’avait pas encore vu les résultats.

Quelques candidats indépendants ont tenté de se démarquer en misant sur les enjeux locaux, comme les nids-de-poule, les cônes orange et la gestion des chiens dans les parcs. Aucun d’entre eux n’a été élu, mais leur participation a été jugée « enrichissante pour la démocratie », ce qui, selon plusieurs, est déjà trop.

Le taux de participation global devrait se situer autour de 30 %, un chiffre comparable à celui des précédentes élections municipales, confirmant que les Québécois demeurent fidèles à leur tradition d’engagement tiède.

« Les gens veulent être gouvernés, mais pas dérangés », a résumé un fonctionnaire anonyme, avant de s’éclipser pour ne pas commenter davantage.