Rappeur local commet encore un crime
MONTRÉAL — Un rappeur local a de nouveau été arrêté mardi après-midi, confirmant selon plusieurs observateurs « une tendance inquiétante » chez les rappeurs locaux à commettre des crimes locaux.
Selon le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), l’individu, âgé de 27 ans, aurait été intercepté dans un stationnement de Laval « dans un contexte lié à son style de vie ». Les autorités précisent que l’arrestation « n’a rien à voir avec sa carrière musicale, sauf peut-être un peu ».
« C’est un phénomène bien documenté, » explique Hugues Trempe, criminologue à l’Université du Québec à Terrebonne. « Plus un artiste rime sur ses crimes, plus il devient probable qu’il passe du studio à la cour municipale. »
Selon un auditeur avide, le rappeur aurait même annoncé son intention de commettre ce crime dans sa chanson Bad Bitch, publiée la semaine dernière sur Spotify. « Tous les rappeurs parlent de ça, personne n’aurait cru qu’il passerait à l’acte pour vrai, » affirme un témoin choqué.
Le SPVM affirme surveiller de près les paroles de la scène rap montréalaise « afin de prévenir la récidive musicale ». Un porte-parole a rappelé que « la liberté d’expression n’inclut pas la liberté de décrire son prochain délit en mi mineur ».
En réaction, un collectif de rappeurs s’est dit « fatigué de servir de punchline médiatique », mais a reconnu qu’il y a « quand même des bonnes rimes avec judiciaire ».
Dans la foulée, le ministère de la Sécurité publique annonce la création d’un comité d’experts chargé d’« étudier le lien entre le beat et le comportement ». Le comité se réunira une fois par mois, ou plus souvent « si un autre rappeur local commet un autre crime local ».
Interrogé sur la question, le ministre a tenu à rassurer la population : « Nous prenons le phénomène très au sérieux, mais nous tenons à rappeler que la vaste majorité des Québécois n’ont pas de mixtape. »

