Le spectre politique canadien officiellement devenu un cercle parfait
MONTRÉAL — Selon une nouvelle étude du Laboratoire sur la Radicalisation Temporelle et les Opinions Incohérentes, la carte politique du Québec n’est plus une boussole, mais un simple cercle où tout le monde crie sur tout le monde en tournant en rond.
« À l’époque, on pouvait classifier les gens avec des termes comme gauche, droite, progressiste, conservateur… mais là, y’a du monde qui veulent bannir les drag queens et Amazon, pis on sait plus où les mettre », explique la chercheuse Mélanie Bibeau, qui a elle-même quitté son poste deux fois pendant l’entrevue en signe de protestation contre ses propres propos. « J’étais pas d’accord avec ce que je venais de dire. J’ai signé une pétition contre moi-même. »
Le rapport affirme que le modèle circulaire est plus fidèle à la réalité d’aujourd’hui, où les électeurs veulent en même temps moins d’impôts et plus de services, une loi 101 plus stricte mais aussi un meilleur anglais pour exporter du sirop d’érable, et un gouvernement fort qui les laisse tranquilles.
« Ce qu’on a découvert, c’est que tout le monde finit par se rejoindre dans le bas de la carte, dans une genre de mêlée confuse entre le groupe Facebook de Duhaime pis une assemblée syndicale de profs fatigués », ajoute Bibeau. « Ça se finit toujours avec quelqu’un qui crie liberté pendant qu’un autre crie solidarité, pis finalement ils chantent tous du Kaïn. »
Un participant à l’étude, un certain Gérard de Trois-Rivières, a résumé la situation ainsi : « Moi je veux un gouvernement qui baisse mes taxes, m’offre un dentiste gratuit, m’oblige à parler français mais m’apprend l’espagnol pour voyager, pis qui construit des routes mais pas dans ma rue. »
Le Premier ministre François Legault n’a pas réagi officiellement, mais aurait été vu en train de tourner sur lui-même en marmonnant : « Est-ce que j’suis woke ou populiste? J’sais pu, là… » Son entourage confirme qu’il a consulté un compas, un globe terrestre et un jeu de Ouija pour tenter de se repositionner.
Éric Duhaime, de son côté, a salué le modèle circulaire comme une avancée démocratique : « Moi j’ai toujours dit qu’un bon gouvernement, c’est comme un Timbit. Pas d’trou pis sucré en surface. Pis si c’est glacé au chocolat, c’est encore mieux. » Selon lui, la CAQ a déjà le look du Timbit, mais « sans le goût ».
Québec solidaire a réagi en proposant d’abolir la carte politique et de la remplacer par un potluck inclusif. « Chaque électeur apporte son plat, qu’il soit végane, carnivore, ou juste une grosse poutine familiale », a déclaré un porte-parole. « Pis après on mélange tout ça dans un seul chaudron pour représenter la collectivité. »
Le Parti québécois, pour sa part, a insisté sur le fait que le modèle circulaire confirmait ce que René Lévesque avait déjà dit « mais en mieux ». « La carte prouve que le Québec doit devenir indépendant pour tourner sur lui-même sans se sentir coupable », a affirmé Paul St-Pierre Plamondon. Selon le rapport, le PQ se situe « à douze heures », mais revient systématiquement « à onze heures et quart » après chaque congrès.
Quant au Parti libéral du Québec, il a publié un communiqué affirmant que le cercle « prouve l’importance du dialogue entre toutes les positions ». Mais en coulisses, une source a confié que la direction passait ses journées à tourner la carte pour essayer de retrouver la case anglophone. « On pensait l’avoir mise à trois heures, mais là on dirait qu’elle est rendue à neuf heures… c’est mêlant. »
Du côté d’Ottawa, le Premier ministre Mark Carney a refusé de commenter l’étude, mais aurait été aperçu en train de marcher en cercles concentriques tout en marmonnant des propos mêlant Keynes, logement et « gouvernance basée sur les vibes ». Ses adjoints assurent qu’il cherche toujours le centre politique, que les chercheurs confirment désormais comme inexistant. Pierre Poilievre aurait été vu virevoltant frénétiquement à la position « six heures » de la carte circulaire, alternant entre une rhétorique libertarienne et des promesses de réparer lui-même votre hypothèque à mains nues.
Les chercheurs préviennent que la prochaine étape pourrait être l’émergence d’une bouteille de Klein politique, où les électeurs se retrouvent à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du système, et où les contradictions des politiques ne seraient plus des erreurs, mais des caractéristiques assumées.
Au moment de mettre sous presse, une coalition citoyenne réclamant « moins de gouvernement, de meilleurs soins de santé, des syndicats plus forts, des impôts plus bas, et un retour aux valeurs traditionnelles, mais inclusives » avait déjà récolté 47 000 signatures. Le groupe est présentement en démarche pour obtenir le statut d’organisme à but non lucratif.

